DOMBRANCE

Bertrand Lacombe – alias Dombrance – aime la musique, c’est pourquoi il touche à tous les styles. Mais ce n’est pas tout, il joue de plusieurs instruments (violoncelle, guitare), anime les touches d’une table de mixage car ce jeune homme est passionné de son. Vous découvrirez un album éclectique dont les chansons surprennent à chaque nouvelle écoute.

Comment as-tu monté ce projet ?
C’est une histoire assez longue, ça fait déjà quatre ans que je suis sur cet album. Bordelais, je suis monté à Paris pour faire une école d’ingénieur du son. Cela m’a permis d’avoir les outils pour faire mes chansons tout seul. J’ai élaboré des maquettes chez moi où j’ai développé les chansons, les idées d’arrangements, de productions. Après, j’ai rencontré des musiciens pour les jouer sur scène. On s’est tellement bien entendu qu’ils sont venus jouer sur l’album. Dans le même temps, j’ai rencontré une boîte de management Future Now avec qui nous avons démarché les maisons de disques. J’ai signé chez Virgin.

Ton album est très riche. Tu as dû passer des heures infinies à le préparer, le réaliser, le produire ?
Oui ! C’est vrai que comme je suis un vrai passionné de production, mais aussi de toute l’histoire de la musique, ma discothèque est extrêmement large, j’écoute tous styles de musique. Et comme j’ai eu l’opportunité de réaliser un album, j’ai voulu y aller à fond, me lâcher totalement ! Mon seul cadre était de faire des chansons. Concernant la production, j’avais besoin de pousser au maximum les idées, de faire de la broderie. Ça a pris du temps, certes, mais c’était super ! Peut-être que demain, j’irai vers des choses plus épurées, mais sur celui-là, je n’ai pas voulu me brider.

Cela aurait pu devenir chaotique, mais non, c’est très mélodieux.
L’idée était que les chansons devaient pouvoir tenir la route en guitare/voix ou piano/voix, notamment pour la scène. Quand on a commencé les concerts, on avait mis les machines, mais on se sentait un peu à l’étroit avec les séquences, etc. Il y a une basse (Antoine Reninger) et une batterie (John Shamir) qui font aussi les chœurs et 2 guitares. C’est là qu’effectivement, on s’est rendu compte qu’elles étaient mélodieuses. Pour moi, en studio, il faut s’amuser avec la production. On ne doit pas se lasser d’une chanson, on doit pouvoir redécouvrir les arrangements à chaque fois qu’on l’écoute, suivre tel ou tel instrument. La scène, c’est autre chose, c’est un instant T, c’est plus dans l’émotion et l’énergie.

Comment as-tu rencontré ces musiciens ?
J’ai d’abord rencontré Antoine. On a répété une fois tous les deux et on s’est tout de suite très bien entendu, on avait les mêmes goûts musicaux. En plus, il chantait et je cherchais quelqu’un pour faire la deuxième voix sur scène. J’adore la couleur de sa voix. Je trouve qu’on ne voit plus beaucoup de groupes pop-rock dont les membres chantent un peu.

Et John travaillait avec Antoine, c’est LE duo, THE rythmique basse-batterie ! Kenwyn House (guitariste de l’album qu’on ne retrouve pas sur scène) est un ami de Clive Martin, le producteur. J’aurais pu faire les guitares électriques, mais je voulais absolument que ça sonne comme un groupe. Or, en jouant trop d’instruments moi-même, ça n’aurait pas sonné de la même façon. De plus, nous avons fait les prises live, c’était important qu’un autre guitariste vienne.

Et les auteurs ?
J’ai rencontré Franck Monnet par le biais de ma maison d’édition. Là encore, nous avions les mêmes références. Il m’a fait rencontrer Emilie Loizeau qui est anglaise d’origine, et j’avais besoin de quelqu’un pour co-écrire les textes en anglais. Marie Garel est scénariste, passionnée de musique. Elle n’avait jamais écrit de chansons auparavant. Je me suis très bien entendu avec eux tous

Y-a-t-il une raison particulière à l’utilisation du français ou de l’anglais ?
J’adore les deux langues. Par contre, je trouve qu’elles ont des sonorités bien particulières. On peut dire certaines choses et les exprimer en français, et faire d’autres choses en anglais. La musique, c’est quelque chose de très subjectif, je ne me dis pas «je suis Français, donc je chante en français». C’était important d’avoir cette liberté-là sur mon premier album.

Propos recueillis par Maritta Calvez en janvier 2005 (magazine MusicView n°2)

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